En Galice, les chemins des pèlerins convergent vers un seul endroit: Saint-Jacques-de-Compostelle. Ces chemins, foulés depuis des centaines d’années par les pèlerins, traversent des endroits chargés d’histoire. Les ponts enjambent les fleuves et relient les peuples d’un côté et de l’autre des berges. Les pas traversent ces paysages emplis de verdure. On s’arrête volontiers pour s’abreuver et se rafraîchir dans l’eau cristalline, à l’ombre des arbres. Le bruit d’une cascade attire le marcheur pour soulager ses pieds fatigués dans un bassin naturel.
La quiétude du moment accompagnée d’une brise à peine perceptible, au milieu des fondations circulaires que nos ancêtres nous ont laissées. Qui étaient ces bâtisseurs lointains? Des milliers d’années nous séparent et laisse à notre imagination la liberté de compléter l’image de ces vestiges.
Cette presque-île est fouettée par le vent et les vagues, face à l’immensité de l’océan. Qu’est-ce qui a motivé cette civilisation à venir ici et construire ces formes dont l’usage nous échappe aujourd’hui? La pierre est partout et le vent apporte le goût du sel. On sent cette énergie minérale du lieu. Le soleil dessine les ombres et les allonge avant de disparaître derrière l’horizon.
Le château templier de Ponferrada fait partie du chemin et, dans son roman “Le pèlerin de Compostelle”, Paolo Coelho lui attribue un rôle important. Depuis là, le pèlerin doit encore marcher quelques jours avant une longue montée qui le mènera en Galice. Il passera alors devant la borne frontière, puis entrera dans le village O Cebreiro.
Ce sont les pèlerins qui animent ce petit village qui a gardé son ancienne forme comme si le temps s’y était arrêté. Les maisons de pierres, avec les toits en chaume, donnent à ce lieu d’accueil un caractère unique. Le soir, une messe est célébrée, et, après l’eucharistie, les pèlerins entourent le curé pour lire une prière dans toutes les langues présentes. Quelques jours plus tard, le pèlerin approchera la Cathédrale de Saint-Jacques. Tout au long de son chemin, il était guidé par les étoiles jusqu’ici, à Compostelle, « Compost-Stella » où les étoiles descendent dans la Terre. La lumière entre dans la matière. Mais le chemin ne s’arrête pas ici, il continuera jusqu’à Fisterra, le Finistère où la Terre cède la place à l’océan. À cet endroit, sur la plage Arnela, face au ressac, le pèlerin posera son baluchon et attendra ce que les vagues ont promis d’apporter: la materia prima, qui lui apprendra à voir au-delà des apparences. Il se peut qu’il doive attendre longtemps et s’il vous arrive de rencontrer un pèlerin fantôme, c’est peut-être lui.
L’authenticité réelle est un cadeau qui s’appelle “Le présent”.
Les premiers rayons du soleil percent le voile. Mon corps se redresse et je m'étire sur la pointe des pieds. Mes bras se lèvent pour accueillir ce moment. Je prends un grand inspir sonore. Le gazouillis des oiseaux accompagne la naissance de ce jour. Le souffle se lève, la conscience se réveille. Ce moment de plénitude où tout le vivant fusionne en une harmonie naissante, m'incite à m’ouvrir et à exprimer ma joie.
Un pas à gauche, un pas à droite, puis je fais tourner lentement mes bras. Je laisse ma voix s'échapper naturellement. Je m'insère dans cette harmonie, mon corps s'ajuste aux vibrations des sons que je libère. Quelle est cette force qui le permet et me guide sans réfléchir ? Ma pensée devient plus claire, je savoure une unité entre mon corps, mon souffle et ma voix ainsi libérée. Par quelle magie cela est-il si simple ?
Une fois empli de ce bien-être, je suis prêt à m'ouvrir, je suis prêt à m'animer, je suis prêt à être moi. Est-ce mon corps ou ma pensée qui s'élèvent ? C'est une réalisation, un “moi" épanoui qui me permet d'intégrer l'authenticité de ce moment, cette merveilleuse sensation d'être en vie
Dans ce ressenti de bien-être, sans me forcer, un chant spontané sort de ma gorge. Je suis habité par un sentiment de liberté et d'appartenance à c e monde de couleurs et d’harmonies. Je suis présent, sur ma voie, et j'ai envie de partager ces instants de plénitude.
Les arbres tamisent la lumière perçante, sous leur feuillage, je sens la quiétude du moment. Mes pas me guident sur ce chemin, de plus en plus loin, sans avoir un but précis, juste par plaisir.
Le souffle du vent devient de moins en moins palpitant. La danse des feuilles ralentit son rythme et l’agitation autour de moi est à peine perceptible. Les chants d’oiseaux descendent d’une octave. Tout est calme, paisible.
Où mes pas me mènent-ils ? Je lève mon regard vers les couronnes des arbres. Je sens que mon pas s’allège, et je commence à m’affranchir de la pesanteur. Je ressens la légèreté du mouvement. Haut, toujours plus haut.
Qui suis-je ? Un acteur de la condition humaine, ou son simple observateur ? Est-ce que je marche dans les traces des philosophes qui sont déjà passés par là, ou suis-je un explorateur d’un chemin inconnu ? Pour quelle raison cette question devrait-elle être si importante ?
S’élever encore et encore. S’élever jusque là où le regard cesse de percevoir les détails pour se concentrer à l’essentiel. Ressentir un équilibre, comme pendant un vol en apesanteur sans se préoccuper du reste. Où est cet endroit et comment y arriver ?
Le silence s’installe, la notion du temps s’efface. Peu importe les heures et les jours, tout se confond dans un espace hors du temps, tout converge vers l’unité.
Et dans cette perception, j’ai vu l’éternité. L’éternité d’une vie simple et sincère, sans prérogatives. Être simplement là, être soi. J’ai senti l’éternité autour de moi et aussi en moi. Point d’agitation, mais une harmonie apaisante et bienveillante.
L’éternité.
Une immersion dans la vie des cubains, grâce à notre guide local qui nous a fait découvrir les facettes peu touristiques sur cette île baignée dans le soleil.
L’arrivée à Santiago marque profondement chaque pèlerin. C’était aussi mon cas. Des ressentis indiscibles. Après Santiago, j’ai prolongé le chemin jusqu’au point « zéro » à Fisterra et Muxía, en faisant un petit détour par une plage bien connue des alchimistes.
La plus belle nuit du monde
La plus belle nuit du monde, c’est cette nuit de Noël,
Où les bergers étonnés levèrent les yeux vers le Ciel.
Une étoile semblait dire :
«Suivez-moi ! Je vous conduis. Il est né cette nuit !»
Ils ont suivi cette étoile sur les chemins de Judée.
Mais des quatre coins du monde d’autres les ont imités.
Et ce chant, comme une source, a traversé le pays :
«Il est né cette nuit !»
La plus belle nuit du monde, c’est cette nuit de Noël,
Où au coeur de tous les hommes, un peu d’amour descend du Ciel.
Tant de choses les séparent. Cette étoile les unis.
C’est la plus belle nuit !
Que la Lumière du bébé, fils de Dieu, vous donne la Vie !
Joyeux Noël !
La rencontre entre deux artistes où elles dévoilent les secrets de la méthode de Chant intuitif mise en place par Madeleine.
Voir aussi sur le site Artiste de Vie
Le soleil entame sa descente vers l’horizon et la lumière se teinte de la palette rousse, les contrastes s’accentuent. Dans les caresses du vent, les feuilles des arbres s’habillent dans les couleurs chaudes comme si elles voulaient faire perdurer la chaleur estivale.
Comme les petits avions en papier, elles déposent leurs messages et forment un tapis scintillant de couleur. Les plus chanceuses se laissent emporter par le vent, loin, bien plus loin, pour se mélanger aux autres dans une mosaïque éphémère.
Lorsque le soleil arrive à fausser compagnie aux nuages, des éclats dorés s’installent dans les vallées. Le tout s’apaise. Le calme revient petit à petit. La nature a donné ses fruits et se prépare au repos. Les vignes se sont délestées de leurs grappes et les oiseaux se sont chargés des derniers restes. Les rangées de pieds de vigne se sont aérées pour laisser le passage au vent qui descendra bientôt de la montagne.
Dans la quiétude d’une journée ensoleillée, le torrent accentue son grondement, nourri par d’innombrables gouttelettes de pluie absorbées sur les flancs des montagnes.
À la fête des récoltes, au milieu des convives, nous tournerons dans une danse lente puis rapide, comme des feuilles mortes prises dans un tourbillon, fouettées par les bourrasques du vent un peu tatillon.
Avant que la brume, la pluie, puis, finalement, la neige arrivent sans crier gare dans une lourde calèche, nous voulons profiter du soleil qui nous réchauffe encore, et nous réjouir de ces moments rares de nature multicolore.
Bientôt, les arbres descendront leur sève vers les racines. Dégarnis, presque gênés par cet état d’intimité dévoilée. Tout est prêt au repos, avant qu’un duvet ne les couvre avec une douceur blanchâtre.
Automne, je ressens ton ancrage profond dans la terre, mes yeux se ferment et ma pensée se dirige vers l’intérieur - j’ai pris rendez-vous avec moi.