En Espagne, dans la province de León, le chemin du pèlerin sur le Camino francés passe par la ville Ponferrada. Le nom “Ponferrada” provient du pont de fer (pons ferrata en latin). Selon la tradition, la découverte du tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur au IXe siècle en Galice a donné naissance au Chemin de Saint-Jacques.

Vers l’an 1090, un pont, renforcé de fer, a été construit pour permettre aux pèlerins de Compostelle de franchir plus aisément le fleuve Sil. La construction du pont a permis le développement de ce lieu et la vie s’est développée aux alentours.

Le château de Ponferrada


Au XIIe siècle, une forteresse était construite sur le promontoire qui domine le fleuve et le roi Alfonso IX en a fait don aux Chevaliers du Temple qui se sont installés dans la région. L’arrivée des Templiers en 1178 répondait à plusieurs objectifs : protéger le Chemin de Saint-Jacques et ses pèlerins face aux invasions musulmanes; servir les intérêts des rois Ferdinand II et Alphonse IX; et éviter les affrontements entre nobles galiciens et léonais qui cherchaient à s’assurer l’hégémonie sur ce territoire.

Le château de Ponferrada avec la tour d'entrée


Le clocher de l'église de San-Andrés


Dans son livre “Le pèlerin de Compostelle”, Paolo Coelho décrit le passage du pèlerin dans ce château et la cérémonie templière dans une des salles. J’ai cherché cette salle dans ce château dont la récente rénovation a certainement dû modifier sa structure. Dans la partie nommée “Vieux Château”, qui est cependant postérieure à l’époque des Templiers, il y a une salle avec une cheminée en parfait état. C’est ici que j’imaginais la cérémonie d’adoubement décrite par Paolo Coelho.

La salle avec cheminée dans la partie "Vieux Château"


LE NAZARÉEN LAMBRIÓN CHUPACANDILES 

Depuis le XVIIe siècle, le samedi après-midi précédant le vendredi saint, un membre de la Confrérie royale de Jesús Nazareno de Ponferrada (la plus ancienne de la ville de Ponferrada), vêtu d’une tunique et d’un chapeau noirs, ceint d’une corde et portant une cloche à la main, parcourt la ville, accompagné de jeunes garçons, pour annoncer l’arrivée de la Semaine sainte. Ce personnage légendaire est populairement appelé NAZARENO LAMBRIÓN CHUPA CANDILES. Son nom fait référence à ce que les jeunes de la ville lui criaient lorsqu'il passait dans les rues, s'arrêtant dans les caves où on l'invitait à goûter le vin nouveau.

La statue du Nazaréen lambrión chupacandiles


Son nom particulier, selon la tradition populaire, vient des blagues des voisins qui l'invitaient à boire du vin ou même de l'huile des lampes “candiles”, d'où les termes "lambrión" (“goloso”, gourmand) et “chupacandiles”(“chupa” enfoiré). Son esthétique sobre - tunique noire, capirote et cloche - renforce le caractère austère de la Semaine sainte de la Communauté, où le silence et l'attente sont les protagonistes.

Aujourd'hui, le Lambrión continue d'incarner une tradition vivante grâce à l'implication de générations de frères qui ont maintenu son héritage. Ce samedi, sa présence marquera à nouveau le début émotionnel de la Semaine sainte à Ponferrada, tandis que sa version numérique ouvre une nouvelle voie de diffusion culturelle. Entre le son de la cloche et l'innovation audiovisuelle, la ville se prépare à vivre l'une de ses célébrations les plus emblématiques, où le passé et l'avenir se donnent la main.

La statue du Nazaréen lambrión chupacandiles


Une exposition des fac-similés des ouvrages médiévaux religieux et laïcs dans les salles du Nouveau Palais présente des ouvrages dont les originaux sont détenus par des bibliothèques et des collections de plusieurs pays. On peut admirer la finesse colorée et la richesse de ces livres enluminées, écrits et peints à la main. Une partie de cette exposition contient des “livres d’Heures” qui sont des livres liturgiques destinés aux fidèles catholiques laïcs (à la différence des bréviaires destinés aux clercs) et permettant de suivre la liturgie des Heures. Ils contiennent un calendrier pour suivre l’évolution de la liturgie tout au long de l’année. 


Livre d’Heures Visconti, XVe siècle, la bibliothèque centrale nationale Florence


Grand livre d'Heures de Rohan, XVe siècle, bibliothèque Nationale de France, Paris


Livre d'Heures de Louis d'Orléans, 1490, bibliothèque Nationale de Russie, Saint-Pétersburg