Héberger les pèlerins est une tradiotiondatant du début du Camino au IXe siècle, O Cebreiro mérite qu’on s’y arrête. Un village au visage médiéval, avec une église dans laquelle le pèlerin du livre “Le pèlerin de Compostelle” de Paolo Coelho termine son pèlerinage et retrouve son épée. 

En avril 2024, sur le chemin de Compostelle, lors de ma montée depuis le village de Las Herrerias vers la Galice, la pluie, la neige et le vent m’accompagnaient. Arrivé à O Cebreiro, je n’ai pas trouvé de lit et j'ai dû continuer jusqu’à Liñares. Je sentais que j’allais revenir à cet endroit mythique pour m’imprégner de son énergie. C’est chose faite une année plus tard.

L'entrée du village


O Cebreiro en vue d'oiseau 



La montée depuis le village de Las Herrerias


À l’entrée du village, une légende est gravée en plusieurs langues: 

On raconte qu’un pèlerin allemand, égaré dans les parages du Valcarce enveloppé dans un dense brouillard, s’arrête et écoute au loin, tout en haut, le son d’une cornemuse. C’était un “alala” qui jouait là, en berger et qui de ses notes sonores l’attira jusqu’au Saint Graal.

Même aujourd'hui, il y a un joueur de cornemuse 


C’est la montagne avec son climat rude. Le village se situe à 1330 m. Les “pallozas”, habitats caractéristiques du lieu avec son architecture vernaculaire, sont construits en pierres et couverts de toits en chaume. La construction d’un seul niveau et sans coins garantissait une bonne isolation. 

Une maison typique du village


Comme on peut le voir dans le petit musée ethnographique, la maison était divisée en deux parties: “ástrago” pour les gens et “estravariza” qui abritait les animaux, ce qui permettait de maintenir une température intérieure. Dans “astrago”, le coin du feu “lareira” servait en même temps de cuisine et de séjour. Sous le plafond, la nourriture était maintenue en suspension pour empêcher l’accès aux rongeurs.

"ástrago"; une porte basse donne sur "estravariza"


Le coin du feu "lareira"


Les suspensions pour garder et protéger la nourriture


L’église Sainte-Marie-du-Mont-Cebreiro (Santa María la Real) a gardé son style préroman de IX et Xe siècle. Une messe y est célébrée et, après l’eucharistie, les pèlerins sont invités à venir au cœur et lire une prière, chacun dans sa langue. C’est un moment de partage et de joie, plein d’émotions.

L’église Santa María la Real


L’intérieur de l'église Santa María la Real


Une prière à l'intérieur de l’église:

Dieu souverain et glorieux,
illumine les ténèbres de mon cœur
et donne-moi la foi droite,
l’espérance certaine
et la charité parfaite,
le sens et la connaissance, Seigneur,
pour que j’accomplisse
ton commandement saint et véridique.

L’église Santa María la Real